Les meilleurs artistes de la scène française

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Hélène Muheim

Hélène Muheim

Hélène Muheim vit et travaille à Montreuil. Franco-suisse, née en 1964 à Annecy, elle passe son enfance entre les montagnes et le Lubéron, à l’Abbaye de Sénanque, monastère cistercien et pôle culturel, où des artistes plasticiens, des musiciens, des sociologues ou encore des théologiens ont croisé son chemin et probablement influencé son parcours. Rapidement, après les Beaux-Arts, elle expose ses peintures, conçoit des installations in-situ, et simultanément, fascinée par les nouveaux médias, elle crée vosdesirs.org, un espace pour ne rien faire, terrain d’expériences graphiques et poétiques.
C’est par ce tracé numérique qu’elle retrouve le plaisir originel du dessin. Elle y consacre dorénavant toutes ses recherches, attirée par cette fragilité et ce début à tout. Ayant eu très tôt le privilège de «regarder des bouts du monde par-delà les nuages, d’en percevoir l’immensité, et l’évidente précarité de nos êtres», Hélène Muheim est allée voir plus loin. De ses voyages solitaires elle apprend du paysage à repenser notre rapport au monde et à l’image.
Elle expose son travail dans des galeries à Paris, dans des centres d’art, à Rennes, au Havre; participe régulièrement au Salon du dessin contemporain, Drawing Now - expositions personnelles et collectives - et travaille actuellement sur divers projets d’expositions institutionnels (Paris, Birmingham, Corée du Sud).

"Essayer de partir du degré zéro du paysage, du degré zéro de l’image, pâle copie de la nature, pour en venir à s’interroger sur le moment de son émerveillement et sur la façon que nous avons de procéder à son maintien. Dans une société déterminée par la prédominance de la raison, une raison dont on ne saurait plus s’affranchir complètement, dans quels territoires peut encore s’immiscer le merveilleux ?
Lieu du proche et du lointain, lieu de mémoire, le paysage appelle une évaluation multiple qui nous force à redéfinir les rapports entre la nature et l’être. Il est le miroir des relations de l’homme avec la nature, la plaque photographique sur laquelle il a laissé une trace, une histoire à raconter. Morceau de «pays», arraché du regard à la terre, mais qui donne à lui seul la mesure de notre présence au monde.
Le paysage perçu est toujours doublé d’un paysage imaginaire. Derrière tout paysage il y en a un autre à découvrir. Lieu qui est un non-lieu, utopie du désir, qu’aucun déplacement dans l’espace ne permet de rejoindre. Un ailleurs promis par l’horizon qui ne serait qu’une chimère parmi d’autres, une limite qui ne cesse de reculer mais qui, à la suivre, nous reconduirait sur nos pas, condamnés à l’errance.
L’horizon est le lieu de l’autre, donc devient objet de désir. Il m’arrache à l’illusion d’un espace autarcique pour m’ouvrir à la dimension du désir et à celle du possible, dit Claudel. L’horizon constitue en lui-même le lien entre l’espace invisible et le sujet qui le regarde. Il devient la marque de sa présence au monde et la pulsation même de son existence. De même, le paysage ne prend consistance qu’au regard d’un sujet observateur. Tout horizon est fabuleux
écrit Michel Collot. L’horizon est la frontière qui permet au guetteur de s’approprier le paysage et de le définir comme son territoire, comme espace à portée de regard et à disposition du corps. Il peut laisser penser que le champ visuel se poursuit au-delà du cadre de la représentation. Il clôt le tableau tout en l’ouvrant dans des lointains noyés de blanc.
Ainsi, le paysage perçu est doublé d’un paysage imaginaire. La limitation de la visibilité en fait une structure d’appel nécessitant l’intervention du sujet, qui doit y répondre soit par l’écriture soit par le mouvement. À travers ces voiles d’images sont les blancs qui permettent d’inventer.
Car si l’oeil pouvait tout voir, il n’y aurait rien à en dire." Hélène Muheim

Expositions
2016 / Mauvaises graines II, Group show, Topographie de l'art / Paris, France
2016 / Pnoma, Solo Show, Galerie Pascaline Mulliez / Paris, France
2016 / Ouverture, Group Show, Galerie Eko Sato / Paris, France
2015 / Dessins quotidiens, Group show, Satellite Brindeau / Le Havre, France
2014 / La Petite Collection, Group Show, White Project Galerie / Paris, France
2014 / Mauvaises graines, Group show, Topographie de l’Art / Paris, France
2014 / Open your eyes, Group Show, Maïa Muller Gallery / Paris, France
2013 / Inlassablement ce qui n’est plus, Solo Show, Maïa Muller Gallery / Paris, France