Les meilleurs artistes de la scène française

Silver mountains

Gilles Balmet

2 800 €

Année : 2016

Génération d'artistes : Nés dans les années 70

Catégorie : Peinture

Technique : Peinture acrylique argent sur papier noir

Dimension : 70 cm x 100 cm

Laisser passer le temps. Faire s'écouler le temps à la surface du papier, de la toile ou de la photographie dans la logique du corps avec l'outil brut de la vie et du regard.

La démarche de Gilles Balmet s'inscrit dans l'idée qu'une image se dévoile mais jamais comme on aurait imaginé qu'elle se donne. Un présent impulsif dans l'encre ou la peinture, soufflée, pulvérisée ou transférée, dans un relevé " presque sismographique " comme l'artiste le précise. L'oeuvre devient surface d'accumulation par une série de gestes élémentaires dans un désordre guidé. Sans pour autant négliger la symétrie (récurrente dans les travaux) Gilles Balmet cultive sa disponibilité aux changements et aux surprises, vers le mouvant ou l'impalpable caractéristiques de ses oeuvres. Comme un organisme avec sa vie propre, ses aventures, l'art de Gilles Balmet se refuse à devenir l'objet de quelque classification que ce soit. Son art se construit au plus près des intuitions, mais aussi dans un scénario de " rapt " d'images, dans une élaboration très personnelle et ceci dans une apparente neutralité. L'artiste parfois s'éclipse pour mieux laisser forme et couleur investir l'espace. Un geste-image pensé comme une attitude et vécue comme telle, acceptant les possibilités du fantastique et pourquoi pas de l'élément érotique qui comme dans la musique de Prince (titre d'une de ses chansons repris pour l'exposition) polarise l'attention de l'autre par son corps. Il y a du corps dans cette démarche séductrice qui détient l'éventuelle décision de maintenir une tension suspendue: quelque chose aussi entre innocence et risque à être.

Gilles Balmet sait à merveille interconnecter les territoires, les savoirs, les imaginaires culturels (notamment japonais) et se faire complice d'autres oeuvres et d'artistes qui l'inspirent. Qu'il peigne, dessine, filme ou photographie, l'idée de faire apparaître ou disparaître ne fonctionne que pour signaler l'immatériel. Ses projets s'inscrivent dans des domaines très différents et ne sont liés que par une méthode de réflexion et de travail simple de manipulations, de mouvements, de procédés irréductibles à des normes. Cette posture empêche toute catégorisation mais livre une lucidité au monde, un univers jamais balisé. Gilles Balmet cultive le retrait voire un certain " dégagement ", brouille les limites en gardant le contrôle. Toutes les synergies aboutissent à sa main. Il donne à voir ainsi des formes, ou in-formes, comme nées de non-lieu, dans une sorte de non-agir. En effet d'autres lois régissent ces contrées, où nous sommes n'importe où, c'est-à-dire nulle part (je pense plus spécialement à la série des Ink mountains.) Cet imprévisible plus ou moins dompté, ne se fait qu'au regard d'un usage du support (papier plié, trempé, baigné) et de la matière colorée, de leur supposé jeu d'addition ou de soustraction.

Des paysages (est-ce le bon terme ?) plutôt espaces de conspiration du hasard, chasseur infatigable. " Combien de royaumes nous ignorent " disait Pascal; ceux de Gilles Balmet semblent ouverts, même si leur lieu d'être reste énigmatique et aléatoire. Il régente leur sort, les fait glisser vers autre chose qui ne dit pas son nom mais épouse le trajet de la main qui l'a lancé. Pas de préalable, c'est être juste dans l'accident, s'y tenir, dans l'invisible, juste attentif à dérégler le temps vécu. Les séries se combinent les unes aux autres en une sorte de généalogie parfaitement assumée.

Ses oeuvres naissent de décisions exprimant une somme de choix : encres colorées, cuve de trempage, bâche, pipette de produits cosmétiques, flacon distributeur, vaporisateur... un arsenal de boutiquier qui suppose de s'être débarrassé de la logique d'une poésie trop avenante mais qui privilégie la mise en doute du réel tenu à distance respectable. Des matériaux avec lesquels l'artiste s'éprouve lui même comme un " joueur " et prend ce risque dans l'espoir que quelque chose de ses expérimentations laborantines se révèle..La surface animée qui en résulte peut alors se lire spatialement et temporellement. Elle se définit comme événement mais en refuse tout spectaculaire. Rien n'est objet, mais trajectoire, dépôt, quête du plus lointain et du plus proche, et toujours comme dans les séries Nid, Construction lines ou Breaking the lines de 2010 cette note noire qui croise toutes les possibilités de l'encre, des plis et surtout de la ligne, du geste à main levée. Mais à décrire trop minutieusement, on ne sait plus de quoi il s'agit. Sans faire appel au psychisme (parfois réducteur) on peut imaginer le souffle d'un passant, tout de suite ailleurs, on devine dans l'enchevêtrement des lignes et taches, le vif de sa présence, apparue/disparue. La perception est toute de saisissement. Forme et informe se rendent visite, libres de toute anticipation formelle. Ciel et sol confondus dans les séries Reliefs ou Éruption (2010 également) où s'attardent des champs de forces, zones en friche ou échouées, tout peut y intervenir et dans n'importe quel ordre : monde friable où l'être précipite ses pas sans dire d'où il vient pour continuer sa course errante.

Il y a enfin dans ce travail comme "le style de vie de jeune artiste " qui fait déborder le discours habituel. Par-delà le temps, par-delà le corps, la variété des éléments utilisés, les sédimentations qui en résultent composent une sorte de famille qui aurait laissé de côté toute effusion ou attitude émotionnelle.

Ce n'est pas le temps compartimenté qui régit cette démarche mais plutôt le temps de l'exploration, d'un processus de création complexe qui s'invente un monde au croisement du dehors et de l'intime.

Elisabeth Chambon. Conservateur en chef du Musée Géo Charles

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Gilles Balmet

Gilles Balmet

Gilles Balmet est né en 1979 à Grenoble. Il vit et travaille à Paris depuis 2004. Il est diplômé de l'Ecole supérieure d'art de Grenoble en 2003. Il expérimente dans ses ateliers de nouveaux modes de création d'images situées à la frontière entre abstraction et représentation paysagère. Il crée des œuvres picturales ou dessinées réalisées à partir de protocoles précis laissant une place à l'aléatoire et à sa maîtrise. Il a déjà réalisé plus d'une dizaine d'expositions personnelles dans des centres d'art contemporain, en Musées et en galeries. Il a été un des nominés au Prix Ricard en 2006. En 2010, il a séjourné six mois à Kyoto et dans le reste du Japon. Gilles Balmet a exposé son travail en France et à l'étranger : au Musée d'art contemporain de Lyon, au FRAC Champagne-Ardenne de Reims, au Musée du Petit Palais à Paris, au Musée Géo-Charles d'Échirolles, à la Fondation d'entreprise Ricard ou au Palais de Tokyo à Paris, au Musée Régional d'Art Contemporain de Sérignan, à La Panacée à Montpellier, à L'Institut Franco-japonais du Kansaï de Kyoto, ou encore dans une programmation vidéo à Los Angeles. Il a réalisé en 2006 un ensemble de vitrines pour Hermès dans huit villes d'Italie. Gilles Balmet travaille depuis 2008 avec la galerie Dominique Fiat à Paris où il vient de réaliser sa quatrième exposition personnelle, Under the cherry moon. Il a été nommé en 2012 professeur à l'Ecole supérieure des beaux arts de Montpellier. Il a réalisé une œuvre monumentale pérenne pour le hall d'accueil de la Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine de Charenton-le-Pont.  Son travail est présent dans de nombreuses collections publiques et privées.

"[...] Formé à l'Esad de Grenoble, où il a eu pour professeur Joël Bartoloméo et Ange Leccia, ce plasticien s'est d'abord exercé à la vidéo avant de se focaliser sur la peinture et la photographie. Dans son atelier grenoblois, l'artiste crée des peintures qui se forment au gré d'expériences : par des protocoles de travail (papier plongé dans des bacs d'eau, gestes répétitifs, maculages...), il invente des images qui, en rappelant la révélation photographique, baignent dans l'entre-deux de l'abstraction et de la représentation paysagère. Adepte de la "culture du hasard", Gilles ne refuse pas les lectures évidentes de ses œuvres ( d'aucuns y voient des chutes d'eau ou des montagnes), pour autant il préfère ne pas trop les définir afin qu'elles gardent leur mystère, agissant ainsi sur le regardeur en tant que surface de projection. [...]" Vincent Delaury 

Expositions
Du 10 mars 2017 au 25 mars 2017 / Die Brücke / Marc Lasseaux - 246 avenue de la République - 59110 La Madeleine
2016 / Under the Cherry Moon, Exposition personnelle, Galerie Dominique Fiat / Paris, France
2016 / Cent papiers, Exposition collective, Musée Géo Charles, commissaire Elisabeth Chambon / Echirolles, France
2016 / Là Haut, Exposition collective, Centre d'art contemporain la Graineterie, commissaire : Aurélie Barnier / Houilles (78), France
2015 / Regard dévoilé, Exposition collective, centre d'art contemporain le VOG, commissaire : Marielle Bouchard / Fontaine, France
2015 / ça charge, Exposition collective, centre d'art contemporain la Panacée, commissaire : Judicaël Lavrador / Montpellier, France
2015 / Who's afraid of pictures ? (2) Exposition collective, Centre d'art contemporain à Cent mètres du monde, commissaire Frédéric Léglise / Perpignan, France
2015 / Who's afraid of pictures, Exposition collective, galerie de l'Ecole supérieure d'art et design de Grenoble, commissaire Frédéric Léglise / Grenoble, France
2015 / J'ai pris une pierre pour voir le monde, Exposition collective, Le huit, commissaire : Anne-Sophie Luyton et la Générative / Paris, France
2014 / Happy hours, Exposition collective, galerie Gourvennec Ogor / Marseille, France
2013 / Looking through the window, Exposition personnelle, galerie Dominique Fiat / Paris, France
2013 / Medusa Caravage Salon (Nouvelles Vagues avec le Palais de Tokyo ), Exposition collective, Curated by Massimiliano Baldassari, galerie Dominique Fiat / Paris, France
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