Les meilleurs artistes de la scène française

Frou-Frou

Wilson Trouvé

7 000 €

Année : 2011

Génération d'artistes : Nés dans les années 80

Catégorie : Installation

Technique : Carreaux de faïence émaillée ébréchés

Dimension : 150 cm x 150 cm

Wilson Trouvé navigue librement dans un univers plastique où certains codes baroques auraient rendez-vous avec la rigueur du minimalisme, mais sans que cette rencontre ne provoque aucun conflit ouvert. Tout se passe en effet comme si ce télescopage était naturel, le débordement excessif de la matière épousant presque tendrement la sévère grille moderniste. Dans ses oeuvres, l’artiste joue quasi systématiquement avec toutes les composantes du support, sa matérialité, ses limites, sa surface, sa transparence ou sa capacité à fabriquer une image « par accident ».

Frou-Frou (2011) se compose par exemple de cent carreaux de céramique noirs, formant côte à côte un grand carré au mur. Les bords de chacun des carreaux ont été martelés, écaillés, de sorte que leur assemblage forme une grande grille aux contours accidentés. Une grille de plus dans le corpus de l’artiste, certes…Sauf que l’émail noir de la céramique permet de réfléchir l’espace environnant et, pour peu que la pièce soit placée près d’une source de lumière, c’est alors l’architecture du lieu qui se matérialise comme un spectre monochrome dans l’oeuvre.

Dans Black Canvas (2011), ce sont six câbles tendus qui deviennent les supports d’une « peinture » sans toile, sans plan. Enduit d’une colle thermofusible noire qui s’est étirée puis fixée en longs filaments, le motif de cette toile fantôme est la colle elle-même, qui a dégouliné depuis les câbles, suspendus à quelques centimètres du mur. Wilson Trouvé nous promène ainsi de pièce en pièce, sur les terrains connus d’une grammaire moderniste qu’il décortique et ravive, avec force délicatesse.

© Gaël Charbau & Aurélie Faure, Texte initialement paru dans le catalogue de l'exposition Voyageurs, organisée pour la bourse Révélation Emerige 2014.

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Wilson Trouvé

Wilson Trouvé

Wilson Trouvé est né en 1980. Diplômé du DNSEP (Master) en Art, Villa Arson (Ecole Nationale Supérieure d'Art de Nice) en juin 2013 et du DNAP Art, Ecole Régionale des Beaux-Arts de Rennes en 2001, il vit et travaille à Bruxelles.

Quand nous voyons les volumes de couleurs de Wilson Trouvé, nous sommes d’abord frappés par la méticulosité de leur réalisation. Comme Mezzapelle, il emploie les techniques et les matériaux les plus récents, même s’il revient constamment à la terre, comme le premier retourne au plâtre ou au bois. Certains de ses volumes muraux évoquent d’ailleurs des éléments technologiques : tableaux de bord, plaques informatiques ou énormes jeux de légos. Cependant, ce qui apparaît comme un leitmotiv chez lui, c’est la coulure, comme si toutes ces matières produisaient de l’excès et que cet excès créait un débordement. La coulure, nous en avons parlé avec Anita Molinero et ses matières en fusion précédant ou suivant la catastrophe, en tout cas jamais loin d’elle. Mais chez Trouvé, la coulure ne transporte aucune violence et l’excès n’a rien de grinçant ni d’agressif. Ce sont des éléments de gourmandise sans arrière-pensée, une jouissance entière. Peut-être est-ce ce terme de biscuit appartenant au céramiste qui nous fait entrer dans la pâtisserie ? L’étonnant réside dans cette revendication pleine et entière d’un territoire où s’ébattre dans un plaisir sans interdit. Il ne s’agit pas que du plaisir de la matière mais aussi celui des objets, comme ce service à café aux liquides débordants. Briser, c’est apporter un élément décoratif supplémentaire, salir, c’est embellir. Ces sont des brisures et des salissures aménagées, dont l’espace transgressif est mesuré, comme si le terrain de récréation où se rouler dans la poussière était attenant à un monde corseté ou trop impeccablement tenu. Ce trash millimétré reflète tout un plaisir du dévergondage, de l’espace de liberté adolescent. Frédéric Vallabrègue, 2010

 

Expositions
2016 / Nopoto -10ans, exposition collective de 140 artistes, La Couleuvre / Saint-Ouen, France
2015 / Accroches, avec Jonathan de Winter et Olivier Pé, Space Collection / Liège, Belgique
2015 / Ceramic Event VII, Exposition collective / Bruxelles, Belgique
2015 / Rien d’autre en face que le pur espace, Galerie Isabelle Gounod / Paris, France
2014 / Bourse Révélation Emerige, 12 finalistes exposants, Villa Emerige / Paris, France
2014 / 30/30 Image Archive Project, group show, SNO / Sydney, Australia
2013 / Exposition personnelle, Galerie des anciens bains-douches (hors-les-murs du Centre d’art de Kerguéhennec) / Pontivy, France
2012 / Exposition personnelle, Galerie AL/MA / Montpellier, France
2010 / Exposition personnelle, Crossover, Galerie Porte-Avion / Marseille, France
2009 / Exposition personnelle, Impasto, Galerie Isabelle Gounod / Paris, France
2008 / Exposition personnelle, Galerie du Haut-Pavé / Paris, France
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